“Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. Tout était sens dessus dessous dans la maison Oblonski.”
18 juin 2008
Première phrase d’Anna Karénine
Posted by foscozaga under Citations | Mots-clefs: Anna Karénine, incipit, première phrase, Tolstoï |[3] Comments
18 juin 2008 at 7:59
La première phrase d’un roman, surtout quand il a les dimensions d’une fresque, donne une tonalité, inséparable du reste de l’histoire. Celle-ci, l’air de rien, attire immanquablement le regard sur la famille Oblonski. La maxime distante, faussement objective, montre la maîtrise de son style par Tolstoï parce qu’elle ne le rend pas partie prenante de son écriture. Elle le sépare de son style; elle offre dès le début son autonomie à son écriture. Une phrase à la fois si simple et si percutante. La grande classe !
18 juin 2008 at 10:41
La grande classe, en effet…Du fatalisme dans le bonheur et un certain plaisir à l’unicité de chaque malheur. Quelle vision difficile, quelle habilité.
19 juin 2008 at 12:02
Il y a aussi les dernières phrases marquantes, celle que l’on retient une fois le livre fermé et que l’on garde en bouche comme le fumet d’un repas